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Travail sous circulation


DES STATISTIQUES ALARMANTES

La CFDT a réalisé une enquête sur les risques encourus par les ouvriers autoroutiers et les patrouilleurs lorsqu'ils travaillent sous circulation, par comparaison avec d'autres professions à risques comme le bâtiment et les convoyeurs de fonds.

La CFDT présente 20 points revendicatifs. Cliquez ici pour accéder au détail de ces revendications.

Nous avons contacté le service pévention de la CRAM, qui a trouvé notre initiative intéressante. Ce service nous a communiqué les éléments statistiques sur ces professions, sur une période de 25 ans.

Ces chiffres nous ont permis de constater que le travail sous circulation est de loin le plus risqué. Sur une période de 25 ans, concernant les métiers du bâtiment, secteur reconnu comme étant le plus exposé aux accidents du travail, un ouvrier a 0,70 risque sur 100 de mourir au travail ; le risque est de 0,12 sur 100 pour les convoyeurs de fonds.

Au cours de sa carrière à ASF, un ouvrier autoroutier ou un patrouilleur a 1.1 risque sur 100 de mourir d'un accident du travail sous circulation. C'est le métier le plus exposé. Il est 10 fois plus dangereux que celui de transporteur de fonds.

C'est énorme ! Toutes professions confondues, les 2/3 des accidents mortels du travail surviennent sur la route. Or, le métier d'ouvrier autoroutier et de patrouilleur est d'intervenir à pied sur les chaussées circulées. On comprend à quel point ils sont exposés.

Même si aujourd'hui ASF en a fait une priorité, elle accuse encore un retard important par rapport aux possibilités techniques et innovantes qui existent aujourd'hui pour réduire le temps où les salariés sont exposés au trafic. Elle a pourtant les moyens financiers d'améliorer les choses.

DEUX OUVRIERS AUTOROUTIERS CONDAMNÉS

À la suite d'un dépôt de plainte concernant l'accident mortel d'un usager, deux ouvriers autoroutiers du district de Sète ont été condamnés, en novembre 2002, devant le tribunal correctionnel de Béziers à 6 mois de prison avec sursis et à payer des dommages et intérêts à la famille. Malgré la chape de plomb qui est la règle dans ce genre d’affaires, la CFDT a réussi à se procurer ce jugement. Nous en faisons actuellement l’analyse avec nos juristes, car les conséquences - notamment judiciaires - pour les personnels travaillant sous circulation sont importantes. Nous développerons dans les semaines à venir les décisions de ce jugement sur notre site Intranet.

Cette affaire n’est pas isolée. Non seulement ASF n'a pas pris la mesure de ce risque élevé mais les affaires devant les tribunaux se passent volontairement dans le secret le plus total. Ces affaires judiciaires démontrent le poids des responsabilités qui pèsent sur les ouvriers autoroutiers et les patrouilleurs lors des interventions de pose et de dépose des signalisations. C’est le statut du travailleur sous circulation qui doit être repensé. En effet, ce sont eux et non le conducteur de travaux, le chef de district ou même ASF, qui se retrouvent en première ligne. Que ce soit à pied sur le tracé ou devant les tribunaux.

Ces situations mettent en évidence le flou des procédures ASF, les manœuvres qui relèvent ou pas de l'application du code de la route. On constate que le salarié au volant a subi la même peine que celui qui ne l'était pas. Il s'agit d'une remise en cause du statut du personnel intervenant sous circulation, celui-ci se retrouvant souvent seul sur place à gérer des situations complexes. La CFDT en fait d’ores et déjà une priorité et s’appuiera sur ce jugement pour faire évoluer les procédures qui aujourd’hui ne sont pas toujours suffisamment précises pour protéger les salariés d’ASF de recours en justice de la part d’usagers.

LES REVENDICATIONS DE LA CFDT

C'est dans un environnement  très dangereux que l'on demande aux ouvriers d'aller poser un biseau à pied, avec les cônes dans les bras, de traverser et de retraverser autant de fois que nécessaire toutes les voies de circulation. Et de plus en plus souvent sans l'assistance de la gendarmerie,  y compris pour les doubles sens.

Combien de fois ont-ils échappé de justesse à l'accident grave ?  La vie  se joue au millimètre et cela ne peut plus durer.

Les patrouilleurs vivent l'extrême danger du travail sur BAU. Ils réalisent 15 à 20 interventions en moyenne par poste sur BAU, avec une attente liée à l'impossibilité de traverser les voies de circulation. Il est donc indispensable de limiter les arrêts sur BAU.

Quelles sont les tâches à réaliser ou à proscrire  sur BAU ? Sur ce sujet quelles sont les consignes de la direction ? Elles doivent être précisées.

Toutes les propositions avancées par la CFDT au cours d'un comité central d'entreprise entraient bien dans ces domaines. On peut citer d'autres pistes de réflexion :

  • la conduite à droite des véhicules d'intervention ;
  • les marquages à protubérances sur la bande qui sépare la voie lente de la BAU (bande rugueuse) ;
  • l'attibution de moyens de communication efficaces ;
  • l'organisation de rencontres entre les patrouilleurs, les usagers et les professionnels de la route afin de les sensibiliser sur la dangerosité de leur métier ;
  • l'organisation de grandes campagnes médiatiques ;
  • imposer les forces de gendarmerie sur les interventions d'accidents et sur les poses et déposes de double sens ;
  • homogénéité des boîtiers de commandes de PMV ;
  • le ramassage d'un biseau 3 voies, sans bande d'arrêt d'urgence. Dans ce cas, par exemple, la direction doit proposer un mode opératoire.

Lors de la rencontre de l'intersyndicale avec le ministère des Transports, le 30 janvier 2003, il a été débattu de la responsabilité de l'état pour agir sur le comportement des usagers dans les secteurs les plus dangereux pour les salariés, à savoir les zones de chantier. Les représentants du ministère ont été très sensibles à nos arguments et se sont engagés à les intégrer dans leur réflexion.

Le groupe de travail sous circulation mis en place à la suite de l'été 2002 par ASF, devait mettre en œuvre des mesures ambitieuses. À ce jour, il n'en est toujours rien sorti. Quand et avec quels moyens la société compte mettre en œuvre des mesures efficaces pour réellement améliorer la sécurité des salariés sous circulation ? La question reste posée.

Cliquez ici pour accéder au détail de ces revendications.