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La CFDT

Télépéage Poids lourds et sécurité des salariés
Pour une politique axée sur la sécurité des salariés

Le télépéage Poids Lourds est en cours d'installation sur les sociétés d'autoroutes françaises. Des rumeurs pour le moins alarmantes laissent penser que certaines sociétés d'autoroutes s'orienteraient vers un télépéage sans arrêt sur les gares de péage, ce qui aurait des conséquences extrêment graves sur la sécurité des salariés qui interviennent quotidiennement sur les gares de péage. La CFDT Autoroutes préfère anticiper d'éventuelles décisions de ce type et saisit le président de l'Association des Sociétés Françaises d'Autoroutes [ASFA].


Syndicat Autoroutes et Ouvrages Routiers

Association des Sociétés Françaises d'Autoroutes
M. Henri STOUFF - Président
3 rue Edmond Valentin
75007Paris

 

Objet : Télépéage Poids Lourds

Paris le 3  décembre 2006

Monsieur le président,

Un débat sur la mise en place du télépéage poids lourds sur le réseau autoroutier français traverse actuellement les organisations syndicales et les institutions représentatives du personnel de l’ensemble des sociétés d’autoroutes, en particulier sur le thème très sensible de la sécurité des salariés intervenant sur les gares de péage et aux abords immédiats.
Ainsi, un « point technique » majeur nous interpelle : il s’agit de la temporisation entre le moment où le véhicule est identifié par le système et celui où la barrière de passage se lève. A ce jour, il semblerait, au travers des débats en cours, que les sociétés s’orienteraient vers des choix différents, voire opposés :

  • une temporisation de quelques secondes obligeant à un arrêt du véhicule, pour les uns,  
  • aucune temporisation, ce qui impliquerait un passage sans arrêt à vitesse variable pour les autres.

Si la seconde option s’appliquait, la CFDT tient à vous exprimer sa plus grande préoccupation quant à ce choix pour le moins discutable.  Tout d’abord, nous tenons à rappeler qu’à ce jour le système actuel « PASS PL », utilisé très majoritairement par les chauffeurs routiers, impose de fait un arrêt, ce qui ne semble pas poser de problème majeur pour ces usagers, et permet de sécuriser fortement les abords des cabines et des voies de péage.
Même si certaines sociétés de transports routiers prétendent que le passage sans arrêt ferait économiser quelques litres de gazole, nous n’osons croire que cet argument puisse peser face à la mise en danger des personnels qu’une telle décision engendrerait de fait.
De plus, une telle décision provoquerait inévitablement une demande identique pour les véhicules légers. Nous vous laissons le soin d’imaginer les risques encourus par une telle généralisation.

En pratique, nous nous trouverions face à un important problème de cohérence, à savoir que ces professionnels de l’autoroute, dont bon nombre traversent le territoire  français, seraient certes confrontés à des équipements technologiques  identiques mais en revanche, à des dispositifs de franchissement du péage totalement différents selon les tronçons d’autoroutes empruntés.

Lorsqu’on sait, en matière de sécurité, combien il est important d’harmoniser les pratiques par des procédures claires et identiques pour une même situation, nous imaginons aisément ce à quoi cela pourrait conduire quant à leur comportement à l’approche des voies de péage. A l’évidence, la tentation de franchir le péage sans avoir à stopper le véhicule augmenterait significativement le risque d’arrachage des barrières de passage et par voie de conséquence de heurts avec des usagers ou des salariés amenés à se déplacer fréquemment sur les voies circulées.

Nous savons, Monsieur le président, combien la sécurité figure dans les préoccupations permanentes de l’ASFA. C’est en ce sens que nous vous écrivons aujourd’hui. Nous pensons que l’ASFA est dans son rôle de sensibilisation des sociétés d’autoroutes visant à mettre en place une procédure homogène qui soit la plus sûre possible à la fois pour les usagers, mais également pour tous les salariés de nos sociétés qui travaillent au quotidien sur les péages : péagers, techniciens, agents de propreté, etc.

En conséquence, pour la CFDT, seul un télépéage poids lourds avec arrêt complet permet de répondre à cette problématique.

En espérant vous avoir interpellé sur le bien fondé de notre démarche, et restant à votre entière disposition pour continuer le débat, veuillez agréer, Monsieur le président, nos respectueuses salutations.

Pour la CFDT

Christian Bel dit Berbel
Secrétaire Général

Copie :

  • Sociétés d’autoroutes adhérentes à l’ASFA
  • Fédération Générale des Transports et de l’Equipement CFDT