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Négociation péage. la CFDT condamne les contrevérités

Esprit de responsabilité
ou stratégie du chaos ?

Un tract de la CGT est en cours de diffusion, suite à la signature des accords péage par toutes les organisations syndicales, à l’exception, encore et toujours, de la seule CGT.

Comme on pouvait s’y attendre, cette organisation syndicale tire à boulets rouges sur ces accords et sur ceux qui les ont signés. La CGT a, dès le début, annoncé qu’elle ne signerait pas. Il est vrai que cette position est beaucoup plus confortable : en ne signant jamais d’accords, la CGT base sa stratégie sur la « récupération » éventuelle des mécontents, comme elle l’a elle-même avoué lors des deux dernières réunions de négociation. En prenant un jour ses responsabilités, en négociant enfin et en engageant sa signature, cette organisation ne perdrait-elle pas la spécificité à laquelle elle tient tant ? De plus, elle se croit obligée de donner encore et toujours des leçons de syndicalisme aux six organisations syndicales qui ont signé ces accords, et qui représentent plus de 3 salariés sur 4 aux dernières élections professionnelles. En agissant de la sorte, elle place le débat sur le seul terrain de la polémique, et quoi de plus normal puisqu'elle retire jusqu'à présent les fruits de cette politique de blocage systématique, sans prise de responsabilité et sans risque.

Quant à l’analyse qu’elle fait de la situation du péage, pourquoi ne pas l’avoir défendue lors de la négociation, avec rigueur et ténacité, vertus dont elle se prétend seule détentrice ? Pourquoi se positionner comme ayant raison seule contre tous les autres et continuer à décrédibiliser toute action syndicale qui ne porte pas la marque CGT ? Et finalement, cette attitude hégémonique ne tend-elle pas plutôt à entretenir une forme de mal-être des salariés pour mieux profiter de leur peur et s’en nourrir ?

En tout cas, une chose est claire : la direction d’ASF tire profit, à coup sûr, de cette stratégie Cégétiste, qui tente d’entretenir la division syndicale contre les souhaits et les intérêts des salariés alors que ces derniers appellent très majoritairement à l’unité syndicale.

Elle est pourtant bien mal placée pour donner des leçons, alors que tout au long des 4 années qu’a duré la négociation péage, elle n’a jamais évolué dans ses revendications, campant sur ses positions de départ, et refusant de débattre sur autre chose que 2 ou 3 propositions. Pire encore, que dire de son attitude ironique et désinvolte lors des toutes dernières séances de négociation, où elle a proposé, rigolarde, des voitures de fonction pour tous les péagers ou encore la modulation pour tous les personnels d’ASF ! Ce n’est pas ainsi, avec un tel mépris, qu’une organisation syndicale fait avancer les dossiers dans l’intérêt des salariés.

Une négociation doit permettre de rapprocher les points de vue, car si chaque partie campe sur ses positions, aucun accord n'est possible au risque de subir inéluctablement les évolutions. La CFDT préfère être à l’offensive, car il n’y a rien de pire que d’attendre sans rien faire. D’autres font le choix délibéré de laisser la direction agir comme elle le veut pour mieux crier au loup quand le pire finit par arriver. Ainsi, cela révèle peut-être pour cette organisation syndicale, sa désillusion quant au chaos qu’aurait été un échec de cette négociation. L’application du « plan bleu » et la généralisation de la modulation, ne lui auraient-elles pas procuré bien plus de satisfaction ? On peut s’interroger.

La CFDT, il y a deux ans, a pourtant mis sur la table 17 pistes de réflexion pour l’avenir du péage. Ces points étaient avant tout destinés à poser le débat sur l’avenir de la filière péage, et ainsi mettre toutes les parties, que ce soit les syndicats ou la direction, face à leurs responsabilités. Ils n’ont hélas été utilisés par certains que pour matraquer notre organisation syndicale, nous accusant notamment de vouloir « …annualiser toute la filière péage ». Et pourtant, une union syndicale, dans laquelle la CGT avait toute sa place, aurait été la bienvenue à ce moment là. Hélas, cette organisation a préféré quitter l’intersyndicale en cours de négociation, affaiblissant ainsi le rapport de forces.

Nous renvoyons par conséquent chacun, et en particulier la CGT, à nos pistes de réflexion. En effet, la CFDT a rencontré la CGT au début de l’année 2003, à notre demande, afin de lui exposer ces pistes, et tenter ainsi de composer un front commun pour renforcer notre action revendicative. Nous avons été écoutés avec attention, et les militants présents nous ont confié être totalement en phase avec ces pistes de travail et de débat. Mais la réponse est vite tombée : elle était négative car une fois encore la stratégie a primé sur l’objectif. Et pourtant, avec le recul, le résultat de cette négociation aurait pu être autrement plus ambitieux, mais il aurait fallu à l’époque que ce syndicat ait su faire preuve de courage et prendre ses responsabilités. La CGT n’a pas souhaité s’engager dans cette voie. En nous critiquant à nouveau, elle démontre qu’elle a la mémoire courte !

La CFDT et les autres syndicats signataires sont prêts à expliquer leur position. La CGT est-elle prête à expliquer pourquoi elle ne signe jamais le moindre accord ? En dénonçant les positions des autres syndicats, la CGT pense se dédouaner et ne justifie pas le fait qu’elle n’obtient jamais rien. Que doit-on penser d’une organisation syndicale qui passe plus de temps à critiquer les autres syndicats qu’à expliquer ses propres positions ? A tant vouloir accuser les autres d’avoir les mains sales, elle en oublie qu’elle, elle a les mains vides !

Les accords péage sont, comme tout accord, le fruit d’un compromis. Certes, tout n’a pas été obtenu. Pour autant, est-ce que nous devons tout balayer d’un revers de main, et gommer les garanties qui sont obtenues par l’accord, sur les emplois, les rémunérations, le nombre de jours travaillés et l'amélioration des conditions de vie des salariés modulés ?

Désormais, les équipes syndicales de la CFDT vont s’investir dans les DRE pour que ces accords vivent et soient bien appliqués. Car c’est aussi cela, l’action syndicale.

En semant à nouveau l’inquiétude et la rancoeur chez les salariés, la CGT alimente son fonds de commerce. Qu’il nous soit ici permis de dire que la ficelle est un peu grosse, et que c’est faire injure aux salariés que de tenter de les manipuler de la sorte.

Pour sa part, la CFDT a estimé qu’il était temps de rétablir certaines contrevérités, mais elle ne sombrera pas dans la polémique stérile qui irait contre l’intérêt des salariés. Des informations sur ces accords seront mises en place dans les prochaines semaines. Mais les choses devaient être dites, et l’action syndicale continue.

Tract mis en ligne le 30 mai 2005

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